Marie-Laure Girard, professeur de théâtre des 6-10 ans

– Pouvez-vous vous présenter ? Nous définir précisément votre métier ?


Je m’appelle Marie-Laure Girard et je suis comédienne. J’ai commencé le théâtre à 8 ans, j’ai eu la chance de faire une école où il y avait de la danse, de la musique et du théâtre. Après avoir travaillé avec Jean Davy des Tréteaux de France puis Odile Mallet et Geneviève Brunet, j’ai intégré l’école du Sudden Théâtre. En 2006, pendant ma dernière année, j’ai passé un casting et obtenu le rôle de Sarah dans un film d’Henry Helman. J’ai tourné ma première séquence le 9 mars, jour de mon anniversaire, et depuis je n’ai jamais cessé de jouer.

 

– Quel est votre parcours artistique ? Comment avez-vous commencé ?


J’ai fait des études de droit et d’économie politique. Faire un choix de carrière « artistique » est toujours risqué ; être diplômée dans un autre domaine me rassurait.

 

–  Qu’enseignez-vous à la Compagnie Maya ?


Au sein de la Compagnie Maya, j’enseigne le théâtre. J’apprécie de travailler avec la Compagnie Maya car le nombre d’élèves est limité et le fait que nous soyons dans un vrai théâtre permet d’enseigner dans d’excellentes conditions.

 

– Quelles sont les qualités à avoir pour travailler avec les enfants ?


Pour travailler avec les enfants, il faut être capable d’expliquer des éléments abstraits de manière simple et ludique. Il faut aussi avoir une autorité naturelle car les enfants ont besoin d’être rassurés par une personne qui sait où elle va. La qualité principale, il me semble, c’est de savoir rester naturelle avec les enfants. Nous avons tous nos qualités et nos défauts et il ne s’agit pas de
se positionner de manière omnisciente.

 

– A quoi faut-il faire attention ?


Il faut faire attention à prendre en compte chaque individualité tout en faisant fonctionner le groupe. Être comédien, c’est faire partie d’un ensemble et c’est le plus délicat à mettre en place au sein d’une troupe de petits apprentis-comédiens.

 

– Comment diriges t-on un enfant ? Notamment dans l’activité artistique ?


Un enfant se dirige exactement comme un adulte ; c’est même parfois plus facile car les enfants sont tout « neufs », « disponibles » pour apprendre une nouvelle discipline. La seule différence, c’est le langage utilisé.

 

– Avez-vous des échanges avec les parents ?


En début d’année, j’essaie de rencontrer les parents que je ne connais pas et je leur explique ce que nous allons faire pendant l’année.

 

– Selon vous, quels sont les bienfaits du théâtre pour les enfants ? Qu’est-ce que le théâtre apporte ?


Les bienfaits d’une activité théâtrale sont multiples. Tout d’abord, les enfants sont obligés de travailler avec les autres et il faut apprendre à s’écouter, à s’entendre, à faire des compromis : ce qu’ils n’ont pas ou peu le temps de faire à l’école. On est dans le collectif au sens pur du terme.

Dans les exercices ou les improvisations, les enfants sont au minimum par deux et pour les improvisations, parfois jusqu’à six. Je fais en sorte de mélanger les enfants pour qu’ils ne travaillent pas toujours uniquement leurs « copains ». Ensuite, d’un point de vu technique, je leur apprends à respirer et placer leur voix, cela est toujours utile dans la vie que l’on soit ou non comédien. Enfin, « être » sur scène, se laisser voir, demande de se surpasser, de se mettre à « nu », c’est un sacré défi !

 

– Qu’aimez-vous le plus dans votre métier de professeur de théâtre ?


Ce que j’aime, c’est l’idée de la transmission, de la « passation » d’une génération à une autre.

 

– Vous êtes aussi autrice ? Et metteuse en scène ? Pouvez-vous nous en parler ?


J’ai effectivement déjà écrit pour le théâtre, j’ai fait de l’assistanat et de la mise en scène. Comme je joue beaucoup comme comédienne, je ne peux pas encore y consacrer autant de temps que je le souhaiterais mais cela viendra sans doute. Je crois qu’il ne faut pas trop se « disperser », c’est une tendance de notre société qu’il faut combattre.

 

– Quelles sont vos dernières actualités ?


Je joue une nouvelle pièce où je suis une jeune manager en pleine ascension qui doit concilier carrière professionnelle et personnelle. D’avril à Juillet je serai au théâtre du Ranelagh presque tous les soirs dans Le Malade Imaginaire mis en scène par Jean-Philippe Daguerre.

 

– Quels sont vos futurs projets ?


Je travaille actuellement sur un nouveau projet théâtral avec Clémence Carayol. Nous avons déjà travaillé ensemble, elle m’a mise en scène dans Combat, Albert Camus et la pratique de l’idéal.

 

– Pouvez vous nous raconter un souvenir de l’un de vos ateliers avec la Compagnie Maya ?


Mon meilleur souvenir… c’est un petit garçon avec une forte personnalité – qui n’était pas à l’aise à l’école – et que j’ai eu pendant quatre ans. Il était formidable pendant les ateliers et nous avons construit une belle relation de confiance. Un jour, j’ai malheureusement eu un désistement le matin même pour un spectacle de fin d’année d’un autre groupe. Pour sauver le spectacle, j’ai demandé à ce petit garçon de venir faire un remplacement de dernière minute. Il a joué avec des camarades inconnus, en faisant un rapide filage : un vrai pro ! J’étais bouleversée de voir comment le théâtre faisait de lui un vrai petit comédien et lui avait apporté force et confiance.

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